Deux dĂ©putĂ©s viennent de remettre Ă la garde des Sceaux un rapport sur la confiscation des avoirs criminels. Dans celui-ci ils prĂ©conisent la mise en place d’un dispositif spĂ©cifique de restitution des biens mal acquis aux populations des pays d’origine.
En France, les biens mal acquis ne correspondent Ă aucune notion juridique. Ă€ ce jour, en cas de confiscation, des mĂ©canismes gĂ©nĂ©raux de restitution existent mais ils sont « insatisfaisants et mĂŞme choquants dans les dossiers des biens mal acquis », soulignent les rapporteurs. Car, concrètement, ces dispositifs supposent que l’État spoliĂ© demande la restitution.
Or, il arrive que « le maintien au pouvoir des dirigeants mis en cause ou leur proximitĂ© avec les instances gouvernantes entrave la capacitĂ© ou la volontĂ© de l’État d’engager cette dĂ©marche », pointent les rapporteurs.
Second problème : mĂŞme si l’État Ă©tranger en fait la demande, rien ne garantit une redistribution aux populations pourtant « vĂ©ritables victimes » des dirigeants corrompus stipule le rapport.
► Guinée équatoriale, du pouvoir mal acquis aux biens mal acquis
Enfin, faute d’action, les biens confisquĂ©s sont reversĂ©s au budget de l’État français, « de manière injustifiĂ©e », la France n’Ă©tant pas victime.
L’AFD mise Ă contribution
Les députés proposent donc un dispositif spécifique. Légalement, les biens mal acquis seraient rattachés aux infractions de blanchiment et recel de corruption internationale.
Une fois la confiscation dĂ©finitivement actĂ©e par la justice, les fonds saisis ou gĂ©nĂ©rĂ©s par la vente des biens seraient transmis Ă l’Agence française de dĂ©veloppement sur une ligne budgĂ©taire dĂ©diĂ©e.
Ă€ charge pour l’AFD de mettre en Ĺ“uvre des projets qui bĂ©nĂ©ficient directement aux populations, sur la base d’un accord entre le pays victime et le ministère des Affaires Ă©trangères français, au sein duquel une cellule dĂ©diĂ©e serait créée.
Dans les pays oĂą l’AFD n’est pas compĂ©tente, une coopĂ©ration avec des instances rĂ©gionales ou internationales, type Banque de dĂ©veloppement, est prĂ©conisĂ©e.
Ă€ noter que l’inclusion de la sociĂ©tĂ© civile locale dans le choix des projets n’est pas spĂ©cifiquement mentionnĂ©e. Les rapporteurs disent la souhaiter, mais prĂ©fèrent un dispositif Ă©laborĂ© au cas par cas.
Par RFI


















