Les tentatives du Premier ministre Abiy Ahmed en dĂ©but de semaine de rassurer la communautĂ© internationale n’auront rien changĂ©. Ce sont bien des scènes de guerre qui se jouent en Ethiopie ces derniers-jours.
Le conflit dans la rĂ©gion du TigrĂ© entre le Front de libĂ©ration des forces du TigrĂ© (TPLF) et le gouvernement central du Premier ministre Abiy Ahmed est sanglant et rien ne semble arrĂŞter les deux camps. Massacres, milliers de civils en fuite : l’Onu parle mĂŞme aujourd’hui de “possibles crimes de guerre“.
Des crimes de guerre Ă la suite d’un massacre de civils en dĂ©but de semaine, rapportĂ© en premier par Amnesty International. L’ONG de dĂ©fense des droits humains Ă©voque les meurtres, “probablement de centaines de personnes“, Ă la hache ou poignardĂ©es dans la ville de Mai-Kadra dans la rĂ©gion en conflit du TigrĂ©. Celle-lĂ mĂŞme oĂą la minoritĂ© tigrĂ©enne se bat contre le pouvoir central d’Abiy Ahmed.
Abiy Ahmed affiche sa détermination
Depuis plusieurs offensives conduites la semaine dernière, chaque camp se rejette la responsabilité du conflit.
Sur Facebook, le Premier ministre Abiy Ahmed continue, comme en dĂ©but de semaine, d’assurer que ses soldats vaincront. Et il poursuit les menaces contre le Front de libĂ©ration des forces du TigrĂ© : “Le gouvernement fĂ©dĂ©ral a tous les droits pour dĂ©ployer des forces de sĂ©curitĂ© fĂ©dĂ©rales et pour utiliser la force afin d’apprĂ©hender les personnes impliquĂ©es dans la corruption massive et la violation flagrante des droits de l’homme”, a-t-il dĂ©clarĂ©.
Sur place, les communications sont toujours coupĂ©es, rendant difficile le travail de confirmation des informations. Mais l’Ethiopie est bel et bien en Ă©tat de siège, jusque dans la capitale Addis-Abeba.
Le gouvernement y organise des séances de dons du sang pour aider les soldats engagés dans la région du Tigré.
Des centaines de volontaires s’y rendent ces derniers-jours. “Je fais ce que je peux d’ici car je ne suis pas sur place pour combattre le Front de libĂ©ration des peuples du TigrĂ©”, raconte un homme, perfusion au bras. “Je suis prĂŞt Ă aider de toutes les manières possibles, je suis mĂŞme prĂŞt Ă aller faire la guerre, parce que je suis responsable de mon pays.”
L’Onu veut une enquĂŞte
De son cĂ´tĂ©, l’Onu demande une enquĂŞte indĂ©pendante sur le massacre de civils perpĂ©trĂ© cette semaine. Ceux qui le peuvent fuient. Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les rĂ©fugiĂ©s compte dĂ©jĂ 11.000 rĂ©fugiĂ©s au Soudan voisin. Une “urgence majeure“, estime le UHNCR.
Sa reprĂ©sentante en Ethiopie, Ann Allen Encontre, Ă©voque des personnes malades, le recrutement d’enfants pour les combats dans les camps de rĂ©fugiĂ©s, le manque de nourriture et de nombreux besoins de base. “Nous sommes très prĂ©occupĂ©s par une situation qui favorise l’exploitation sexuelle des mineurs, des femmes et des enfants qui essaient innocemment de mener une vie normale.”
Les combats ne semblent pas prĂŞts de s’arrĂŞter. Ce vendredi (13.11), le prĂ©sident de la rĂ©gion du TigrĂ© a rĂ©pondu Ă Â Abiy Ahmed qui parle d’une victoire rapide contre ses forces.
Ceux qui croient en une victoire prochaine de l’armĂ©e fĂ©dĂ©rale Ă©thiopienne au TigrĂ© “rĂŞvent Ă©veillĂ©s“, a dit Debretsion Gebremichael.
Le pouvoir central d’Addis-Abeba a annoncĂ© la nomination de la ministre des Sciences et de l’Education supĂ©rieure au poste de directrice d’une nouvelle “administration provisoire de l’Etat rĂ©gional du TigrĂ©“. Une manière d’assurer une nouvelle fois la dĂ©termination de reprendre le contrĂ´le de la rĂ©gion.


















