L’homme politique camerounais Cabral Libii nous Ă©claire sur la polĂ©mique qui dĂ©fraie l’actualitĂ© dans son pays, au sujet de l’exigence d’autochtonie proposĂ©e pour l’accession Ă la fonction de maire dans les villes du Cameroun.
JDE
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Cameroun – Session parlementaire extraordinaire: Cabral Libii apporte son soutien au projet de loi sur la dĂ©centralisation
Dans lâensemble, Cabral Libii soutient lâadoption du projet de loi portant Code gĂ©nĂ©ral des collectivitĂ©s territoriales dĂ©centralisĂ©es en Ă©tude au parlement.
«En attendant d’organiser une sortie exhaustive du PCRN sur les 501 articles de la Loi portant Code de la dĂ©centralisation, nous pouvons dire que la loi en soi est une amorce de mise en Ćuvre du GDN (Grand Dialogue National, NDLR) que nous souhaitions pour la plupart. Nous apportons donc par principe notre soutien Ă l’initiative d’adoption d’un texte qui rĂ©forme le systĂšme de dĂ©centralisation au Cameroun», Ă©crit-il dans une rĂ©flexion publiĂ©e sur Facebook le 15 dĂ©cembre 2019.
Le président national du Parti Camerounais pour la Réconciliation National estime que le texte comporte des avancées considérables dans le processus de décentralisation. Il énumÚre ainsi:
– L’idĂ©e d’une AssemblĂ©e RĂ©gionale au NO et SO, mĂȘme si celle-ci n’a pas d’exĂ©cutif propre parce que dirigĂ©e dans ses deux chambres par le PrĂ©sident et le vice-PrĂ©sident de l’autre organe qu’est Conseil ExĂ©cutif RĂ©gional;
– L’idĂ©e d’une house of Chiefs au NO et SO ce qui est une sorte de retour apprĂ©ciable aux sources mĂȘme si celle-ci justement n’est pas dirigĂ©e par un Chief mais plutĂŽt par le Vice-PrĂ©sident de l’autre organe et que son champ de compĂ©tence est plutĂŽt restrictif en comparaison avec ce qu’elle fĂ»t;
– La rĂ©forme sur les maires de communes de villes avec notamment la disparition du DĂ©lĂ©guĂ© du Gouvernement;
– l’idĂ©e de transfert des personnels des services dĂ©concentrĂ©s vers les CTD (collectivitĂ©s territoriales dĂ©centralisĂ©es) par rapport aux compĂ©tences transfĂ©rĂ©es sous rĂ©serve du dĂ©voilement des modalitĂ©s de transfert par un dĂ©cret annoncĂ©.
Lâancien candidat Ă lâĂ©lection prĂ©sidentielle note tout de mĂȘme des dispositions, qui de son avis, doivent faire lâobjet dâun amendement:
– La perpĂ©tuation du pouvoir d’approbation prĂ©alable avec un champ exorbitant, du contrĂŽle d’opportunitĂ©, des avis conformes, le pouvoir de destitution, de dissolution, de rĂ©vocation des Ă©lus ou des conseils Ă©lus par des reprĂ©sentants de l’Etat ou l’exĂ©cutif;
– la faiblesse de matĂ©rialisation d’une prise en compte effective de la spĂ©cificitĂ© juridique ou juridictionnelle au NO et SO;
– l’institution de l’autochtonie Ă la tĂȘte des exĂ©cutifs communaux des villes qui devraient pourtant servir de laboratoire Ă l’intĂ©gration nationale…
Voici lâintĂ©gralitĂ© de son texte:
En attendant d’organiser une sortie exhaustive du PCRN sur les 501 articles de la Loi portant Code de la dĂ©centralisation, nous pouvons dire que la loi en soi est une amorce de mise en Ćuvre du GDN que nous souhaitions pour la plupart. Nous apportons donc par principe notre soutien Ă l’initiative d’adoption d’un texte qui rĂ©forme le systĂšme de dĂ©centralisation au Cameroun. Dans le fond, des avancĂ©es sont indĂ©niables en apparence:
– l’idĂ©e d’une AssemblĂ©e RĂ©gionale au NO et SO, mĂȘme si celle-ci n’a pas d’exĂ©cutif propre parce que dirigĂ©e dans ses deux chambres par le PrĂ©sident et le vice-PrĂ©sident de l’autre organe qu’est Conseil ExĂ©cutif RĂ©gional;
– L’idĂ©e d’une house of Chiefs au NO et SO ce qui est une sorte de retour apprĂ©ciable aux sources mĂȘme si celle-ci justement n’est pas dirigĂ©e par un Chief mais plutĂŽt par le Vice-PrĂ©sident de l’autre organe et que son champ de compĂ©tence est plutĂŽt restrictif en comparaison avec ce qu’elle fĂ»t;
– La concession thĂ©orique de marges importantes au Conseil exĂ©cutif rĂ©gional au NO et SO, pouvant permettre une meilleure prise en compte des spĂ©cificitĂ©s linguistiques, culturelles;
– l’idĂ©e d’un Public IndĂ©pendant Conciliator;
– l’Ă©vocation d’une fonction publique locale dont les contours demandent Ă ĂȘtre explicitĂ©es;
– la fixation du plancher des recettes Ă concĂ©der Ă la dotation de la dĂ©centralisation Ă 15% ce qui est un alignement sur la recommandation rĂ©gionale et qui, avec la fiscalitĂ© de transfert provoquera un relĂšvement substantiel de la responsabilisation financiĂšre des Ă©lus locaux;
– La rĂ©forme sur les maires de communes de villes avec notamment la disparition du DĂ©lĂ©guĂ© du Gouvernement;
– l’idĂ©e de transfert des personnels des services dĂ©concentrĂ©s vers les CTD par rapport aux compĂ©tences transfĂ©rĂ©es sous rĂ©serve du dĂ©voilement des modalitĂ©s de transfert par un dĂ©cret annoncĂ©;
– La capacitĂ© de toute personne physique ou morale ayant intĂ©rĂȘt Ă agir Ă attaquer les dĂ©cisions d’une CTD…
Des hypothÚques sérieuses demeurent toutefois:
– La propriĂ©tĂ© domaniale des CTD;
– La perpĂ©tuation du pouvoir d’approbation prĂ©alable avec un champ exorbitant, du contrĂŽle d’opportunitĂ©, des avis conformes, le pouvoir de destitution, de dissolution, de rĂ©vocation des Ă©lus ou des conseils Ă©lus par des reprĂ©sentants de l’Etat ou l’exĂ©cutif;
– des renvois innombrables aux textes d’application et autres rĂšglements, ce qui transforme globalement la loi en coquille vide;
– la faiblesse de matĂ©rialisation d’une prise en compte effective de la spĂ©cificitĂ© juridique ou juridictionnelle au NO et SO;
– l’institution de l’autochtonie Ă la tĂȘte des exĂ©cutifs communaux des villes qui devraient pourtant servir de laboratoire Ă l’intĂ©gration nationale…
Je compte sur les parlementaires pour obtenir des avancées sérieuses. Il y a urgence à envoyer un réel signal de volonté politique pour poser des jalons solides à la sortie de crise.
Attention aux effets du miroir aux alouettes!
Car, Ă titre d’illustration, lorsque vous lisez attentivement les attributions de la RĂ©gion comme collectivitĂ© territoriale dĂ©centralisĂ©e CTD, notamment aux articles 277 et 278 du projet de loi tant querellĂ© des fois sur des points de peu d’importance, vous vous rendez vite Ă l’Ă©vidence que la RĂ©gion comme CTD n’a lieu d’ĂȘtre que si la RĂ©gion, collectivitĂ© dĂ©concentrĂ©e dirigĂ©e par le Gouverneur disparaĂźt, sous rĂ©serve de l’encadrement des questions sĂ©curitaires ou militaires. Sinon la RĂ©gion CTD n’est qu’un dispositif dĂ©coratif et encombrant qui Ă terme, porte tous les germes de conflits d’attributions avec et les communes, et les Gouverneurs.
Apprenons Ă respecter les ELUS !!!
Chers camerounais votez massivement et rationnellement le 9 février 2020. Une autre session parlementaire aura lieu dans 03 mois. On pourra rattraper tout ça.
Cabral LIBII
Par Fred BIHINA
















