Zombiland : le triomphe du néant

Humour noir camerounais: trois astronautes ont atterri sur la route de Ngaoundere- Garoua dans le Nord du Cameroun, pensant qu’ils sont entrain de marcher sur la planète mars…
On aimerait pouvoir se consoler en pensant que nos interminables années d’exil se conjuguent, quelque part, avec un véritable progrès au Cameroun — à l’image de ce que nous observons dans nos différents pays d’accueil, partout ailleurs dans le monde.
Certains pourraient interpréter notre travail sur les droits humains comme une perte de temps, ou comme une démarche dénuée de pertinence. Pourtant, comme le rappelait souvent le Dr Martin Luther King, les droits de l’Homme sont aussi une question d’égalité, de justice et de quête du bonheur. C’est précisément sur ce terrain qu’il reprochait à l’Amérique d’avoir remis aux Afro-Américains un « chèque sans provision ».
Or, force est de constater que le « Nnôm Ngui » — l’autoproclamé Chef des chefs de la forêt, Paul Biya — n’est pas seulement un dictateur. Il est aussi un escroc politique, un véritable Feyman, qui, depuis des décennies, spolie les Camerounais ordinaires en leur remettant, lui aussi, une série de chèques sans provision, rejetés avec une violence abyssale par la réalité.
La dégradation totale des infrastructures du pays n’est ainsi que la partie visible d’un immense iceberg de désastres systémiques : injustices économiques chroniques, tribalisme institutionnalisé, fractures sociales inhumaines, abandon des services publics, confiscation de l’État et humiliation permanente des citoyens.
Tout cela gangrène une nation maintenue sous la coupe d’un régime qui n’a plus rien à offrir, sinon le vide, la peur et le néant.
Car au Cameroun, tout est interconnecté : l’exil, la pauvreté, l’injustice, la corruption, la violence politique, la destruction des espoirs et l’effondrement des infrastructures. Rien n’est accidentel. Tout procède d’un système qui tourmente sans relâche le pays depuis son indépendance.
Voilà pourquoi parler des droits humains n’est ni une distraction, ni une perte de temps. C’est au contraire nommer le cœur du problème : un peuple privé de justice, privé d’égalité, privé de dignité — et à qui l’on demande encore de patienter devant un guichet où tous les chèques de la République reviennent impayés.
Le Comité de Libération des Prisonniers Politiques – CL2P

English version
Zombieland: The Triumph of Nothingness

One would indeed like to take comfort in the thought that our interminable years of exile necessarily go hand in hand with genuine progress in Cameroon…
Much like what we witness in our various host countries elsewhere around the world.
Some might interpret our work on human rights as a waste of time or something devoid of relevance. Yet, we must acknowledge that human rights—as our hero, Dr. Martin Luther King, always said—are also a matter of equality, justice, and the pursuit of happiness. Indeed, it was on this very point that he reproached America for having issued a « bad check » to African Americans.
However, we are compelled to observe that the « Nnom Ngui” is not only a dictator but also a con artist—a “Feyman”—who, ever since Cameroon’s independence, has spent his entire time swindling ordinary Cameroonians by issuing a series of bounced checks that were rejected in a truly abysmal fashion. This explains the utter degradation of the country’s infrastructure, which constitutes merely the visible tip of an iceberg of disastrous systemic problems—including systemic economic injustices, tribalism, and economic disparities—that are gangrening the nation under a regime that has nothing to offer but a void.
Thus, everything is interconnected in this country, which has been ceaselessly tormented since its independence.
The Committee for the Release of Political Prisoners – CL2P

















