Tchad : la junte interdit une manifestation de l’opposition
La junte au pouvoir au Tchad depuis la mort du prĂ©sident Idriss DĂ©by Itno a interdit une manifestation prĂ©vue pour samedi Ă l’appel de plusieurs partis d’opposition car ses organisateurs n’ont pas obtenu d’«autorisation prĂ©alable», selon un communiquĂ© diffusĂ© vendredi par le ministre de la sĂ©curitĂ© publique.
Wakit Tama, un collectif de partis d’opposition et d’associations de la sociĂ©tĂ© civile, a appelĂ© Ă manifester contre le Conseil militaire de transition (CMT), dirigĂ© par Mahamat Idriss DĂ©by, fils du dĂ©funt prĂ©sident. Le nouvel homme fort du Tchad, entourĂ© de 14 gĂ©nĂ©raux, tous fidèles Ă son père, concentre presque tous les pouvoirs. Il s’est arrogĂ© les titres de prĂ©sident de la RĂ©publique et de chef suprĂŞme des armĂ©es. «La marche dite pacifique de la coordination des actions citoyennes Wakit Tama, (…) n’ayant pas eu une autorisation prĂ©alable (…) est strictement interdite sur l’ensemble du territoire national», selon un communiquĂ© signĂ© par Souleymane Abakar Adoum, le ministre de la SĂ©curitĂ© publique.
Les organisateurs de la manifestation «ne donnent pas de dĂ©tails sur leur itinĂ©raire. (…) On a voulu autoriser mais, eux, ils se sont radicalisĂ©s. Ils veulent l’affrontement avec nous. S’ils veulent l’affrontement, ils l’auront», a dĂ©clarĂ© Ă l’AFP Abdramane Koulamallah, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement. «Ils n’ont aucun droit de nous bloquer ou de nous dire de passer par ici ou par là », a rĂ©agi de son cĂ´tĂ© auprès de l’AFP Max Loalngar, le coordinateur du collectif Wakit Tama. «Nous exercerons nos droits», a-t-il poursuivi. Le ministre de la SĂ©curitĂ© publique a autorisĂ© dans un autre arrĂŞtĂ© une manifestation organisĂ©e par l’Entente de la sociĂ©tĂ© civile pour un dialogue inclusif et une transition consensuelle apaisĂ©e.
Le 27 avril, six personnes ont Ă©tĂ© tuĂ©es Ă N’Djamena, la capitale, et dans le sud du Tchad, selon les autoritĂ©s, neuf selon une ONG locale, au cours de manifestations, interdites par les autoritĂ©s, Ă l’appel de l’opposition et de la sociĂ©tĂ© civile. Plus de 600 personnes ont Ă©tĂ© arrĂŞtĂ©es. La junte a constituĂ© dimanche par dĂ©cret un gouvernement de transition composĂ© de 40 ministres et secrĂ©taires d’État. Les postes rĂ©galiens sont presque tous aux mains de membres du Mouvement patriotique du salut (MPS), le parti d’Idriss DĂ©by. Deux membres du parti de l’opposant historique au marĂ©chal DĂ©by, Saleh Kebzabo, ont fait leur entrĂ©e dans le gouvernement de transition. Le parti de M. Kebzabo s’est depuis retirĂ© du collectif Wakit Tama. «Notre parti s’est retirĂ© et n’appelle pas Ă manifester samedi», a dĂ©clarĂ© jeudi Ă l’AFP Saleh Kebzabo.
Par Le Figaro avec AFP


















