Les “amis Africains” pourront toujours attendre après les progrès en matière de Droits de l’Homme et d’alternance dĂ©mocratique…Ils en attendent depuis 36 ans en Angola et 33 au Cameroun. Du moins celles et ceux qui, parmi-eux, ont pu survivre Ă la mal gouvernance chronique et Ă la rĂ©pression policière systĂ©matique. Qu’ils continuent donc de mourir – parfois dans des mouroirs concentrationnaires – en silence sans trop attirer l’attention des odieuses ONG des Droits de l’Homme! Car cela pourrait nuire Ă la bonne marche des affaires, celle du partenariat nous dit-on “gagnant-gagnant” entre la France et l’Afrique.
Pourtant fondamentalement ni la paupĂ©risation des masses ni la terreur politique (notamment au Cameroun) n’ont jamais empĂŞchĂ© aux opĂ©rateurs Ă©conomiques hexagonaux de faire de très bonnes affaires avec les dictatures en place sur le continent; souvent au profit exclusif de la balance commerciale de la France et pour l’enrichissement ostentatoire de proches des despotes.
La Françafrique aurait ainsi encore de très belles et lucratives années devant elle, y compris sous un Président socialiste, même endeuillée de Charles Pasqua!
Le Comité de Libération des Prisonniers Politiques au Cameroun (CL2P)
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La troublante tournĂ©e africaine de Hollande…
« Comme prĂ©vu,ils vont te faire un prix ! » CaptĂ© par les camĂ©ras de tĂ©lĂ©vision, le trait d’humour lancĂ© par François Hollande au prĂ©sident du Gabon, Ali Bongo, devant une dĂ©monstration de Rafale le 15 juin lors du Salon aĂ©ronautique du Bourget, en dit long. ConfrontĂ© Ă la menace terroriste, le chef de l’Etat, attendu ce soir au BĂ©nin, première Ă©tape d’une mini-tournĂ©e sur le continent noir, est dĂ©sormais contraint de composer avec certains autocrates africains.
Demain, le chef de l’État est ainsi attendu en grande pompe en Angola par le prĂ©sident JosĂ© Eduardo dos Santos, au pouvoir depuis… 1979. Et, le lendemain, direction YaoundĂ©, oĂą le prĂ©sident du Cameroun, Paul Biya, règne depuis bientĂ´t trente-trois ans.
« Ces poignĂ©es de main sont une erreur et mĂŞme une faute, car la dĂ©mocratie et l’alternance, c’est aussi pour les Africains », dĂ©nonce l’ex-secrĂ©taire d’Etat franco-togolais Kofi Yamgnane, qui n’a pas oubliĂ© les proclamations du candidat Hollande lors de la campagne prĂ©sidentielle de 2012, notamment celle du 22 janvier. « PrĂ©sider la RĂ©publique, c’est ne pas inviter les dictateurs en grand appareil Ă Paris », avait alors lancĂ© le candidat PS au meeting du Bourget. Ce qui n’empĂŞchera pas le Congolais Denis Sassou Nguesso (au pouvoir depuis 1997) de faire coup double le 7 juillet Ă Paris, oĂą il sera reçu par François Hollande mais aussi par le Premier ministre, Manuel Valls… Comme si les bonnes intentions du dĂ©but du quinquennat avaient dĂ©sormais du plomb dans l’aile.
« A la suite de son Ă©lection, François Hollande et son Ă©quipe ont tentĂ© de mettre en place une nouvelle relation avec les dĂ©cideurs africains », reconnaissent Aline Leboeuf et HĂ©lène QuĂ©not Suarez, chercheuses Ă l’Institut français des relations internationales (Ifri). Et ce, d’autant plus facilement que le nouveau prĂ©sident ne les connaĂ®t pas. L’Afrique de Hollande ? Un stage ENA Ă l’ambassade de France Ă Alger et, moins connu, quelques jours en 1979 dans la Somalie prosoviĂ©tique de Siyaad Barre avec les copains de l’Ă©poque, Jean-Pierre Jouyet ou Jean-Maurice Rippert, après avoir Ă©tĂ© refoulĂ©s d’Ethiopie. Comme Nicolas Sarkozy au dĂ©but de son mandat, le nouveau chef de l’Etat fait alors le tri, valorisant les dirigeants africains « bien Ă©lus », mais tentant de marginaliser les caciques. Alors qu’il voulait briguer un cinquième mandat, le prĂ©sident du Burkina Faso, Blaise CompaorĂ©, est ainsi lâchĂ© en 2013.
Mais voilĂ , comme Nicolas Sarkozy en son temps, Hollande s’est muĂ© en « chef de guerre », l’obligeant Ă rĂ©viser son logiciel africain. L’opĂ©ration Serval contre les jihadistes au Nord-Mali en dĂ©cembre 2013 ? Impossible sans le concours de l’armĂ©e du Tchadien Idriss DĂ©by, installĂ© par les Français il y a… vingt-cinq ans. La libĂ©ration de la famille Moulin-Fournier retenue en otage pendant deux mois en avril 2013 par Boko Haram ? « Sans le concours de Paul Biya, cela n’aurait sans doute pas Ă©tĂ© possible », reconnaĂ®t un diplomate de haut rang. Sans compter que les militaires français ont besoin du Cameroun pour l’opĂ©ration Sangaris en RĂ©publique centrafricaine. Le sous-sol riche d’hydrocarbures de l’Angola ? « Ce pays a un petit cĂ´tĂ© Qatar africain, difficile de passer Ă cĂ´tĂ© », poursuit le mĂŞme diplomate. Surtout Ă un moment oĂą la diplomatie Ă©conomique fait figure de prioritĂ© pour François Hollande, dĂ©sormais converti Ă un principe : la realpolitik.
Source: Le parisien

















