La France appelle Ă un dialogue entre les autoritĂ©s et lâopposition afin de permettre une rĂ©conciliation de tous les GuinĂ©ens. Le ministre des affaires Ă©trangĂšres français, Jean-Yves Le Drian, a dĂ©clarĂ© au SĂ©nat, mercredi 27 janvier, avoir interrogĂ© le prĂ©sident guinĂ©en, Alpha CondĂ©, sur les opposants en prison, agitant la menace de « mesures » contre Conakry.
« Avec lâUnion europĂ©enne [UE], nous avons demandĂ© aux autoritĂ©s de GuinĂ©e de faire toute la lumiĂšre sur les Ă©vĂ©nements qui se dĂ©roulent en ce moment, avec Ă©ventuellement des mesures Ă prendre si cette lumiĂšre nâest pas faite », a-t-il affirmĂ©. « Nous condamnons la poursuite des dĂ©tentions hors procĂ©dure judiciaire dâopposants », a-t-il ajoutĂ©.
Réélection dâAlpha CondĂ©
La GuinĂ©e a Ă©tĂ© pendant des mois en proie Ă une profonde crise causĂ©e par la candidature controversĂ©e de M. CondĂ© Ă un troisiĂšme mandat Ă la faveur dâune rĂ©vision constitutionnelle. La contestation, durement rĂ©primĂ©e, a fait des dizaines de morts depuis octobre 2019.
En novembre, M. CondĂ© a Ă©tĂ© proclamĂ© vainqueur au premier tour de lâĂ©lection prĂ©sidentielle par la Cour constitutionnelle, malgrĂ© les mises en doute quant Ă la rĂ©gularitĂ© du vote. Les semaines prĂ©cĂ©dant et suivant lâĂ©lection ont vu lâarrestation de centaines dâopposants, selon Amnesty International et Human Rights Watch.
Les Etats-Unis et lâUE ont dĂ©noncĂ© la semaine derniĂšre la mort en dĂ©tention de deux opposants : Mamadou Oury Barry â membre de lâUnion des forces dĂ©mocratiques de GuinĂ©e (UFDG), le parti de Cellou Dalein Diallo, principal opposant Ă Alpha Condé â le 16 janvier et Roger Bamba, un cadre de lâUFDG, en dĂ©cembre. Ces morts sont dues Ă des causes « naturelles » selon le gouvernement ; Amnesty International les a qualifiĂ©es dâatteinte grave aux droits humains
Des centaines de personnes emprisonnées
Le parquet guinĂ©en a requis, lundi, dix ans de prison ferme contre un autre opposant, Mamady CondĂ©, poursuivi pour « atteinte aux intĂ©rĂȘts fondamentaux de la nation » aprĂšs avoir publiĂ© des textes contre un troisiĂšme mandat de M. CondĂ© et des vidĂ©os critiques Ă lâĂ©gard du pouvoir.
« A plusieurs reprises, nous avons marquĂ© la nĂ©cessitĂ© dâun dialogue entre les autoritĂ©s et lâopposition afin de permettre une rĂ©conciliation de tous les GuinĂ©ens qui mĂ©ritent aujourdâhui un climat politique apaisé », a Ă©galement dĂ©clarĂ© M. Le Drian en soulignant lâavoir expressĂ©ment dit au prĂ©sident guinĂ©en lors de lâinvestiture du prĂ©sident ghanĂ©en Nana Akufo-Addo, le 7 janvier, Ă Accra.
En dĂ©cembre, le prĂ©sident français, Emmanuel Macron, avait adressĂ© ses « vĆux de succĂšs » Ă son homologue guinĂ©en mais sâĂ©tait abstenu de le fĂ©liciter pour sa réélection. Dans un entretien avec lâhebdomadaire Jeune Afrique le 20 novembre, il lui avait reprochĂ© dâavoir « organisĂ© un rĂ©fĂ©rendum et un changement de la Constitution uniquement pour pouvoir garder le pouvoir ».
Le Monde avec AFP
















