Au Niger, l’opposant Amadou Djibo sera fixĂ© sur son sort dans une semaine. Le jugement a Ă©tĂ© mis en dĂ©libĂ©rĂ© au 6 juin prochain. Le procès de l’opposant s’est poursuivi, lundi 29 mai, Ă Niamey, pour « proposition de soulèvement ». Les dĂ©bats ont Ă©tĂ© houleux devant un public composĂ©, en majoritĂ©, de militants de l’opposition nigĂ©rienne. Le ministère public a requis six mois de prison.
DĂ©tenu depuis quinze pour un flagrant dĂ©lit de complot, le jugement d’Amadou Djibo a durĂ© près de trois heures. Après le rejet de toutes les exceptions soulevĂ©es par la dĂ©fense, le dĂ©bat sur le fond de l’affaire a enfin eu lieu dans la salle d’audience des flagrants dĂ©lits. Amadou Djibo Ă©tait seul Ă la barre, conseillĂ© par un collectif d’avocats.
Accusé d’avoir proposé aux militants de l’opposition de détruire un régime constitutionnellement élu, Amadou Djibo, président du Front des partis d’opposition, a tout nié en bloc.
« Mes propos ont été dénaturés et sortis de leur contexte par la police judiciaire », a-t-il déclaré à la barre avant d’ajouter qu’à « aucun moment » il n’avait « demandé aux militants de se soulever ».
« Donc, vous avez proposé aux militants de sortir ? », lui a demandé la juge.
« Non, votre honneur. J’ai toujours prôné la non-violence dans mes propos », a répondu Amadou Djibo.
Tout au long du procès, l’expert-comptable et opposant Amadou Djibo est resté de marbre. Même la traduction de ses propos en langue locale djerma, lus par le procureur, ne l’a pas désarmé.
« Je viens de découvrir la traduction de mes propos dont je n’ai pas pris connaissance », a-t-il répondu au procureur, à propos de cette traduction qui a occupé tous les débats.
La présidente du tribunal a déclaré ne pas être en possession de ce précieux document dans son dossier. Les avocats – qui ne l’ont pas également – ont sauté sur l’occasion.
Le bâtonnier Marc Le Bihan n’a pas hĂ©sitĂ© Ă lancer une pique. « Nous sommes en matière politique », a-t-il dĂ©clarĂ©. Pour lui, il n’y a aucune pièce dans ce dossier qui puisse accuser son client. « Dans ce dossier, il n’y a vraiment aucune base lĂ©gale, et en plus le procès a violĂ© tous les droits de la dĂ©fense parce qu’aucune pièce ne nous a Ă©tĂ© communiquĂ©e. Pour un complot, il faut deux ou plusieurs personnes. Il est seul et il n’a comparu avec personne. La relaxe s’impose dans ce dossier. »
Tout en dénonçant le « tâtonnement juridique et le rétropédalage », Maître Souley Oumarou a conclu que l’on veut « décimer » l’opposition nigérienne.
Après les débats houleux entre la défense et le ministère public, le procureur a requis six mois d’emprisonnement ferme. Le jugement est mis en délibéré au 6 juin prochain.
















