A La Haye, aux Pays-Bas, c’est la reprise du procès devant la Cour pĂ©nale internationale de Laurent Gbagbo, ancien chef d’Etat ivoirien, et de Charles BlĂ© GoudĂ©, ex-leader du Congrès panafricain des jeunes patriotes. Tous deux sont jugĂ©s pour des faits relevant de crimes contre l’humanitĂ©, concernant les violences postĂ©lectorales en CĂ´te d’Ivoire en 2010-2011. Ce lundi matin, les avocats de Laurent Gbagbo avaient la parole, et la dĂ©fense a plaidĂ© l’acquittement. Son argument : le procureur n’a pas suffisamment de preuves.
Pour la dĂ©fense, le procureur n’est pas parvenu Ă Ă©tayer sa thèse, Ă savoir l’existence d’un « plan commun », Ă©laborĂ© par un « cercle restreint », visant Ă se maintenir au pouvoir. Et c’est pour se maintenir au pouvoir que ce « cercle restreint » aurait commis des violences contre des civils.
Or pour la dĂ©fense, l’accusation n’a Ă aucun moment dĂ©fini de manière claire la nature de ce plan commun. Pour Me Altit, toute l’accusation s’appuie sur des prĂ©supposĂ©s mais ne livre aucune preuve directe : « C’est le mĂŞme procĂ©dĂ© intellectuel que le procureur a utilisĂ© tout au long de sa rĂ©ponse Ă©crite et de son exposĂ© oral. En laissant entendre de façon constante que l’absence de preuve directe de l’existence d’un soi-disant plan commun constituerait en fait la preuve de l’existence de ce plan commun. Autrement dit, une absence de preuve est, pour lui, la preuve Ă©vidente d’un complot. Les seuls ordres dont il est fait Ă©tat dans le dossier sont des ordres normaux donnĂ©s par des gradĂ©s de l’armĂ©e et des gradĂ©s de police Ă leurs subordonnĂ©s en vue de prĂ©venir les attaques des groupes de rebelles lourdement armĂ©s contre les institutions ou en vue de dĂ©fendre la population ».
« Le procureur n’a rien, tout est construit sur du sable mouvant », a conclu avec ironie Me Baroin, un autre conseiller de l’ancien prĂ©sident ivoirien qui, durant toute la matinĂ©e est restĂ© concentrĂ©, impassible.
MaĂ®tre Nahory, l’une des avocates de Laurent Gbagbo, a, pour sa part, conclu que le procureur « n’a pas menĂ© d’enquĂŞte autonome et indĂ©pendante ».
Les audiences du procès ont Ă©tĂ© suspendues, en fin d’après-midi de ce lundi, et reprennent mardi. A noter qu’aucune dĂ©cision de la chambre d’accusation n’est prĂ©vue cette semaine.

















