Suite aux rumeurs infondĂ©es ayant circulĂ© hier relatives Ă la mise en libertĂ© sous contrĂ´le judiciaire concernant Madame Bernadette MEBE, je tiens Ă informer l’opinion publique nationale et internationale de sa situation.
Le 21 avril dernier, Madame MEBE a Ă©tĂ© diagnostiquĂ©e d’une fièvre typhoĂŻde et le mĂ©decin a estimĂ© qu’elle prĂ©sentait des symptĂ´mes suspects de COVID-19.
Le 25 avril, elle est emmenĂ©e en urgence Ă l’hĂ´pital central de YAOUNDÉ.
Outre, les affections diagnostiquées, Madame MEBE souffre de nécrose de têtes de fémur pour laquelle elle a été opérée à PARIS.
Dimanche 26 avril, elle est déclarée positive au COVID-19 et est prise en charge.
Deux (02) semaines après, soit le 11 mai, elle est déclarée négative.
Elle effectue son confinement de 14 jours au mĂŞme endroit ; ce qui n’est pas normal eu Ă©gard les risques de rĂ©infection.
Elle Ă©tait en attente d’affectation d’une chambre pour la prise en charge de ses autres affections.
Ă€ l’hĂ´pital central de YAOUNDÉ, il lui est dit qu’il n’y a pas de place.
Elle avait rendez-vous Ă l’hĂ´pital gĂ©nĂ©ral le 22 mai, soit demain pour une hospitalisation.
Contre toute attente, une escouade lourdement armĂ©e est allĂ©e la sortir manu militari de son confinement Ă l’hĂ´pital central et ce, malgrĂ© l’opposition farouche du personnel mĂ©dical et hospitalier qui a tentĂ© sans succès d’expliquer aux gardiens de prison que l’on ne ramène jamais une personne prĂ©cĂ©demment atteinte de COVID-19 dans son foyer de contamination surtout qu’il s’agit de la prison centrale de YaoundĂ© connue pour ĂŞtre un foyer actif de COVID-19.
Elle a été physiquement et verbalement brutalisée.
Toutes les personnes qui ont Ă©tĂ© Ă©vacuĂ©es au mĂŞme moment qu’elle sont toujours en confinement Ă l’extĂ©rieur.
ArrivĂ©e au pĂ©nitencier, on lui a prescrit d’observer la distanciation sociale par rapport aux autres dĂ©tenues, chose impossible compte tenu de la promiscuitĂ© de la population carcĂ©rale en gĂ©nĂ©ral, et en particulier, de sa cellule qui abrite 15 femmes.
Elle est ainsi stigmatisée tant par les autres détenues que par les autorités pénitentiaires.
Elle sera alors contrainte de dormir à la belle étoile.
Ce traitement est inhumain.
Il pose le problème de la dignité humaine des détenus dans les prisons camerounaises
Il viole le principe de la prĂ©somption d’innocence dont jouit encore Madame MEBE.
Il viole le droit fondamental qu’est le droit Ă la santĂ© dont jouit tout citoyen camerounais.
C’est avec force et conviction que je dĂ©nonce le traitement inhumain et dĂ©gradant que subit Madame MEBE et qui va Ă l’encontre des prescriptions du Chef de l’État camerounais dans son discours du 19 mai dernier lorsqu’il parle de lutte contre la stigmatisation des malades du COVID-19 et de l’Union sacrĂ©e pour combattre cette pandĂ©mie.
Maître Félicité Esther Zeifman, avocat au Barreau de Paris
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